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Les balises NCDXF/IARU

De tous les moyens à notre disposition pour juger de l’état de la propagation, l’écoute des balises est sans doute le meilleur. Par rapport aux « simulations » informatiques basées sur les relevés géomagnétiques, les balises, qu’elles démentent ou vérifient les prédictions, vous permettent de déterminer précisément les zones géographiques que vous pouvez entendre (donc contacter) par radio et les bandes sur lesquelles vous pouvez le faire.

Sur les bandes VHF et aussi sur 28MHz, la multiplicité des balises peut poser un problème: On ne sait pas trop où écouter, on n’est jamais certain du bon fonctionnement de la balise censée être là, et aussi pour ceux qui ne pratiquent pas le morse, on ne sait pas trop d’où est celle que l’on entend.

Sur les bandes décamétriques, la NCDXF et l’IARU ont, depuis les années 80, mis en place un réseau de balises trop souvent ignoré, peut être parce que trop méconnu.

Ce réseau de balises est décrit en détail (mais en anglais) sur le site de la NCDXF. Le fonctionnement est le suivant:

Il y a 18 balises qui se partagent 5 fréquences (14,100 18,110 21,150 24,930 28,200).

  • Si l’on considère une seule fréquence, chaque balise y passe 10 secondes, donc en restant trois minutes (180 secondes) sur une fréquence, vous aurez entendu les 18.
  • Si l’on considère une balise, elle passe 10 seconde sur 14MHz, puis immédiatement QSY sur 18, puis 21, 24 et 28Mhz. Elle émet donc 5 fois 10 secondes puis se repose jusqu’à son tour suivant.
  • Si l’on considère un moment donné, il y a cinq balises qui transmettent en même temps (une sur chaque bande). Il vous faudra donc trois minutes par bande pour tout entendre, soit 15 minutes pour l’ensemble ou moins si vous n’écoutez pas les WARC par exemple.
  • Dans les 10 secondes qui lui sont allouées, chaque balise transmet son indicatif, suivi d’un long trait d’une seconde à 100W, puis un long trait à 10W, un à 1W et un dernier à 100mW.

Le tableau du site de la NCDXF permet non seulement de visualiser ce qui précède, mais vous donne également l’état des balises, car certaines demandent parfois de la maintenance et ne sont pas actives.

Pour nous aider à savoir « qui est où », de nombreux outils informatiques ont été développés. Il nécessitent, bien entendu, d’avoir un PC à l’heure (sachant qu’une transmission dure 10 secondes, si votre ordi est décalé de 10 secondes, il vous indiquera n’importe quoi).

J’ai personnellement essayé deux de ces outils:

Le premier est Propview, une application de la suite DX Lab qui est mon outil informatique principal à la station. Vous indiquez à Propview ce que vous voulez surveiller (une bande, une balise) et il se charge de déterminer à quel moment vous devez écouter quoi, et sur quelle fréquence. Naturellement, si vous utilisez les autres logiciels de la suite, il pourra faire QSY et faire tourner votre antenne dans la direction de la balise.

propview.jpg

Le second est le plus abouti dans le domaine, il est même fascinant. Il s’agit de Faros. C’est une application qui écoute tout seule ! Vous laissez tourner FAROS et vous le retrouvez, 24Heures après, avec un beau graphique de « quelles balises ont été entendues, sur quelles bandes, et avec quel rapport signal/bruit ». Faros va même plus loin en essayant de déterminer, d’après les délais de propagation, si les signaux entendus arrivent en Short Path ou Long Path.

faros.PNG

Le logiciel FAROS permet donc une écoute très précise des balises NCDXF et peut être « automatisé » pour envoyer en temps réel ses graphiques d’écoute sur une page web, par exemple.

Le seul regret en ce qui me concerne est le regret que FAROS ne puisse pas orienter les antennes. Pour obtenir des reports « neutres » (ne favorisant pas une certaine direction) il faut donc utiliser une antenne verticale.

Voila un bon projet pour un radio-club, qui permet de plus de rentabiliser 24H/24 le matériel qui ne servirait que quelques heures par semaine.